C'était un soir comme les autres...
Je rentrais de ma journée de travail, fatiguée de courir entre Paris, Mantes et Evreux.
Un jour tellement banal que je ne me souviens plus des détails de cette soirée.
Je ne me rappelle que du moment où je me suis couchée. J'étais tellement épuisée que je me suis endormie dès que j'avais fermé les yeux, comme d'habitude.
C'était le moment que j'attendais le plus dans la journée.Je ne sais plus à quelle heure exactement, mais j'ai été réveillée presque en sursaut par un hurlement.
Je ne me souvenais pas d'avoir fait un rêve ou cauchemard. Il devait être minuit passé ou une heure du matin je crois.
Je me suis assise sur mon lit les yeux grands ouverts, terrifiée par ce hurlement, mais pas pour autant complètement réveillée.
Je me suis levée et j'ai descendu les escaliers. Je ne sais plus si j'ai couru ou marché vite, c'est trop flou.Arrivée en bas, je vois ma mère dans les bras de mon beau-père, effondrée.
Elle pleurait toutes les larmes de son corps. Jamais je ne l'avais vue dans un tel état...
J'étais encore un peu endormie mais j'ai vite compris ce qui se passait.Le moment que je redoutais était arrivé...
Je paniquais intérieurement. Je me suis approchée de ma mère, le téléphone était posée juste à côté d'elle.
Elle criait de douleur, agenouillée par terre...
Les larmes me brouillaient déjà la vue.
C'est là qu'elle m'a annoncé ce que je n'aurais jamais voulu entendre.
"Il est partit..."
J'étais sous le choc. Elle m'a enlacé fortement, en sanglotant. J'ai fondu en larmes immédiatement. Je ne souviens pas avoir prononcé d'autres mots mise à part "qu'est-ce qu'il y a ?!".
Après quelques minutes passées près d'eux, ma mère m'a demandé d'aller me coucher. Je ne voulais pas mais elle a insisté.
Je suis retournée dans ma chambre, effondrée à mon tour.
Je me suis recouchée en larmes. C'est très rare que je pleure comme j'ai pleuré cette nuit là...
Et pourtant, je me suis rendormie quelques minutes après. La fatigue avait reprit le dessus.Le lendemain était très difficile. Au réveil, je pensais que rien de cela ne s'était vraiment produit, comme un cauchemard.
Seulement ce cauchemard horrible était en fait la réalité...
En descendant, j'ai vu des bagages devant la porte. Ma mère allait immédiatement prendre l'avion pour retourner au Portugal, mon Bled. Elle m'a prise dans ses bras.
On avait toutes les deux une très mauvaise mine. On commençait notre deuil.
Après ça elle est partie très rapidement pour Beauvais.
Malgré mon état, j'ai quand même dû continuer ma petit vie comme d'habitude...
Un bus pour la gare de Mantes, un train pour aller à Evreux et encore un bus pour me rendre à mon CFA. Mes amies tentaient de me consoler. Les mecs du CFA du bâtiment qui blindaient le bus urbain m'obervait. Même eux avaient remarqué que je n'étais pas dans mon état normal.
Je sentais que des larmes montaient. Je baissais la tête pour ne pas qu'on me voie.
Et la journée suivait son cours...Plus tard, on m'a expliqué que ma grand-mère maternelle avait appelé en urgence pour annoncer qu'il était en train de s'éteindre...
Ma mère avait aussitôt appelé mon père, qui habite au là-bas, pour lui demander de se rendre à son chevet.
Juste après, elle a rappelé sa mère pour rester en communication.
Elle entendait sa voix. Il demandait où était sa fille, il demandait après ma mère.
Lorsque mon père est arrivée chez ma grand-mère, son heure était arrivée, il respirait pour la dernière fois...
Les derniers mots qu'il a prononcé s'adressaient à ma mère.
Puis il ne disait plus rien. Ce silence voulait tout dire.
En quelques sortes, elle a assisté à sa mort...Cet été quand j'y suis allée, j'ai pu voir à quel point la casa familiale était vide sans lui, sans sa bonne humeur et son humour...
Il n'y avait plus de vie là-bas...Aujourd'hui, ça fait un an, et j'ai toujours mal...
J'attend toujours de pouvoir fleurir ta tombe et de me recueillir auprès de toi...
Je n'ai pas fini mon deuil.
Mais après toutes les souffrances que tu as enduré pendant des années, je pense que tu es mieux là où tu es...
Mais grand-mère est toute seule et elle a du mal sans toi. À l'heure où j'écris, elle doit encore être à l'hôpital à cause de sa chute...Quoi qu'il en soit...REPOSE EN PAIX
À mon Grand-Père et Parrain